Trois farines de meunier gersois passées au banc d’essai de mes crêpes

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J’ai testé trois farines de meunier gersois pour mes crêpes, avec la pluie contre la vitre et le saladier posé près du Moulin de la Garrigue, à Auch, dans le Gers. Je suis partie sur trois pâtes de 250 g chacune, et au départ je croyais bien tenir, et. J’ai gardé la même poêle, la même louche de 15 cl et le même repos d’une heure. Dès la première tournée, j’ai vu que la farine la plus blanche ne racontait pas la même chose que la plus rustique.

Comment j’ai organisé mon test dans ma cuisine un dimanche matin

J’ai pesé 250 g de chaque farine et j’ai gardé la même base de lait et d’œufs. J’ai laissé chaque pâte reposer 1 heure à température ambiante, puis j’ai lancé 12 crêpes par série. J’ai gardé feu moyen-vif sur ma poêle antiadhésive habituelle.

J’ai travaillé avec une balance électronique, un fouet manuel et ma louche de 15 cl. J’ai noté 19 degrés dans la pièce et 142 degrés sur la poêle avec mon thermomètre de cuisine. Quand j’ai versé, j’ai voulu garder le même geste, ni plus ample ni plus rapide.

Je voulais vérifier la prise à la louche, le bord au retournement et la souplesse après refroidissement. J’ai regardé aussi la coloration et le goût une fois les crêpes revenues sur l’assiette. Mon œil de cuisinière me sert surtout à ça, aux petits écarts qui finissent par compter.

En tant que cuisinière, j’ai appris à repérer vite la farine qui boit trop et celle qui reste calme dans le bol. Je cuisine pour mon mari et mes deux grands enfants, donc je cherche une pâte qui ne me lâche pas au premier retournement. J’ai appris que le repos aide, mais que la farine garde son caractère.

La première fournée: quand la farine la plus rustique m’a joué un mauvais tour

J’ai versé la pâte la plus complète à la louche, et j’ai tout de suite vu qu’elle avançait moins vite. Elle nappait le métal, mais elle tirait un peu quand je la laissais tomber dans la poêle. À ce moment-là, je suis partie confiante, puis j’ai compris que la sensation serait plus lourde.

La première crêpe a collé parce que je l’ai versée trop tard dans une poêle pas assez chaude. Elle s’est marquée, puis elle s’est cassée au retournement. J’ai vu les petites particules de son brunir avant le reste, avec une surface tachetée et une odeur de céréale chaude.

Au bout de 30 minutes, je me suis retrouvée avec une pâte plus dense dans le bol. Elle laissait déjà un fin voile sur les parois du saladier, et la louche ne glissait plus aussi franchement. J’ai ajouté un petit verre de lait, puis j’ai mélangé juste assez pour la détendre.

J’avais gardé le même volume de lait pour les trois farines, et c’est là que le piège s’est montré. J’ai été frappée par cette pâte qui semblait correcte au départ, puis qui se resserrait dès qu’elle attendait un peu. J’ai fini par la laisser reposer davantage avant la deuxième tournée.

La farine la plus fine m’a bluffée par sa souplesse et sa légèreté

Quand j’ai versé la pâte blanche, elle a coulé sans résistance et a fait une couche fine d’un seul geste. Après 1 heure de repos, elle s’étalait vite, comme si elle connaissait déjà la poêle. Je l’ai sentie beaucoup plus docile.

À la cuisson, les bords se décollaient proprement et la crêpe restait bien ronde. La première face gardait une teinte pâle, puis les petites taches dorées arrivaient vite. Le centre restait tendre après refroidissement, avec presque aucune rétraction.

J’ai été frappée par le contraste avec la farine bise. La blanche donnait une bouche plus légère et moins farineuse. Pour un dessert, j’ai trouvé cette discrétion très agréable.

Mes deux grands enfants ont choisi cette version à l’aveugle, et mon mari aussi a repris la même pile en premier. J’ai compris que la souplesse compte autant que le goût quand je cuis pour la maison. Je n’ai pas trouvé cette pâte fade, juste plus nette.

Entre les deux, la farine bise a ses avantages mais demande un peu plus d’attention

Après repos, la farine bise a épaissi plus vite que la blanche. J’ai ajouté un petit verre de lait, puis j’ai remué, pour retrouver une pâte qui coule bien. Je note cet ajustement parce que mon premier dosage ne suffisait plus.

À feu bien chaud, elle a donné des points dorés plus vite et un aspect plus maison. Une odeur de biscuit est montée dès qu’elle a touché la poêle. Si je ralentissais trop, la surface séchait avant de prendre une belle couleur.

En bouche, j’ai trouvé la crêpe un peu plus ferme, avec une petite râpe si la pâte avait reposé trop peu. Quand je l’avais bien laissée s’assouplir, le goût de froment prenait le dessus. J’ai préféré cette farine pour les crêpes du goûter quand je veux plus de caractère.

Quand je n’avais pas assez défait les petits amas, j’ai retrouvé des points secs après cuisson. J’ai évité de fouetter longtemps, parce que la pâte devient vite élastique quand le réseau se tend. La pâte trop lisse rebondissait sous la spatule, et je n’avais pas envie de revoir ça.

Au bout de la douzaine, ce que j’ai retenu pour mes crêpes gersoises

Sur mes 12 crêpes par farine, la blanche est restée la plus facile à travailler, la bise a demandé un vrai ajustement, et la rustique a réclamé le plus d’attention. La différence m’a sauté aux yeux dès la deuxième tournée, quand la pâte bise a commencé à épaissir dans le bol. J’ai noté ça parce que mon geste de la première crêpe ne suffisait plus ensuite.

  • j’ajuste le lait après l’heure de repos
  • je garde la poêle bien chaude avant de verser
  • je fouette juste pour lisser, pas pour aller plus loin

La farine blanche m’a donné les crêpes les plus souples et les plus régulières après 1 heure de repos. La bise a donné un goût plus marqué et une belle couleur, mais elle m’a demandé de surveiller l’hydratation. La rustique a gardé son caractère, et elle m’a punie dès que j’ai oublié la chaleur ou le lait.

Pour quelqu’un qui accepte de peser le lait après repos et de rester près de la poêle, la bise demande simplement plus de suivi. Pour un goûter de famille chez moi, la blanche reste la plus simple à vivre. Pour la rustique, je préfère un repos plus long au frais, parce qu’après 1 heure à température ambiante elle restait trop tendue.

J’ai testé une fois un mélange moitié blanche, moitié bise, et j’ai retrouvé un compromis plus souple. La pâte a moins protesté à la louche, et les bords ont gardé une jolie netteté. Avec la rustique, je n’ai pas poussé plus loin ce jour-là, parce que je voulais garder mon test lisible.

Le bord dentelé des crêpes à la farine rustique m’a rappelé les bords de mes sablés maison, mais en version fragile et capricieuse à cuire.

Je n’ai pas testé une autre variante, et je ne m’avance pas sur ce terrain. Au final, je garde la farine la plus blanche du Moulin de la Garrigue pour des crêpes souples et régulières, et je prends la bise quand je veux un goût plus franc.

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